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Traces 10  —  Varia

  • Benoît DENIS, Lettres américaines de Georges Simenon à André Gide (1945–1950) (p. 11)
    Dans leur grande majorité inédites, les lettres que Georges Simenon a adressées à André Gide entre 1945 et 1950 depuis l'Amérique du Nord permettent de reconstituer la dernière phase de l'amitié littéraire qui s'est nouée, dès le milieu des années trente, entre Gide et Simenon. Elles viennent conclure, en mode mineur, une relation dont l'enjeu semble bien avoir été pour les deux épistoliers l'obtention d'une reconnaissance littéraire pleine et entière pour Simenon.

  • Bernard ALAVOINE, Les Voleurs de navires : un des terreaux où Simenon germait sous Georges Sim ? (p. 53)
    À la lecture des romans populaires de Simenon, on a peine à penser que ces œuvres un peu bâclées sont de la même plume que les « Maigret » et surtout les « romans durs ». Il existe pourtant des rapprochements intéressants entre les deux productions et, à travers un roman publié en 1927 chez Tallandier — Les Voleurs de navires —, on a voulu trouver l'origine de certains personnages ou thèmes fortement récurrents dans l'œuvre future. Si on prend soin de la dégager des stéréotypes et poncifs liés au genre populaire de l'époque, cette œuvre de jeunesse sans prétention fait apparaître notamment un type de héros masculin — à la fois jeune, ambitieux et angoissé — qui reviendra régulièrement dans dix romans publiés de 1931 à 1947. Mais il y a aussi des situations, des thèmes (comme la paternité), un style enfin qui sont en germe dans ce roman populaire écrit trop rapidement, mais non dénué d'intérêt.

  • Sandro VOLPE, Pas feutrés : palimpseste simenonien (p. 67)
    En l'espace de deux ans, du début 1947 à la fin 1948, Simenon revient trois fois à la même histoire, avec la trilogie formée par la nouvelle Le Petit Tailleur et le chapelier, la version Bénis soient les humbles et le roman Les Fantômes du chapelier. De la nouvelle au roman, le tailleur et le chapelier — deux perspectives complémentaires, liées par une complicité muette et nécessaire — s'affrontent dans une sorte de contrechamp investigateur. C'est un univers rempli de sons feutrés et d'effluves importuns, d'objets trouvés et de mystérieuses lacunes : dans la séquence temporelle des Fantômes, une semaine a complètement disparu, avalée dans une ellipse totalement invisible. Tant de réécritures ne pouvaient pas ne pas laisser ces traces qui révèlent les procédés d'un écrivain, avec son irrésistible tentation, au moins une fois, de revenir sur le lieu du crime.

  • Paul MERCIER, La voie souterraine dans Feux rouges (p. 93)
    Le titre de cette étude sur Feux rouges est emprunté à Dostoïevski. La ruée estivale des automobilistes vers les plages de la côte Est, le trafic autoroutier infernal en 1953 ont moins d'importance que la déconnexion (M. Legrand), le sentiment d'un vide qui s'empare du héros sous l'effet de la rupture des rythmes quotidiens et celui de quelques verres de rye. Dans ce roman de crise, le héros éprouve une lente et profonde sensation d'humiliation, alors qu'il se réjouit secrètement d'être l'otage d'un prisonnier en cavale et que ce dernier vient de violer sa femme. Au plus vif du sentiment de sa déchéance, il trouve l'énergie nécessaire pour reprendre confiance dans sa vie de couple et pour admettre que leur agresseur n'est pas un homme très différent de lui. L'influence de Dostoïevski n'est pas ouvertement revendiquée par l'auteur, bien qu'elle n'ait jamais été aussi puissante depuis La Tête d'un homme.

  • Abdelouahed MABROUR, Un aspect de la description chez Simenon : la caractérisation adjectivale. I.– Considérations d'ordre morphologique (p. 109)
    Cette étude examine, dans les dix-neuf romans du premier cycle de la série policière « Maigret », l'un des aspects les plus solidaires d'une description : la caractérisation adjectivale.
    L'aperçu quantitatif a permis de fournir des indications numériques relatives à la présence des adjectifs dans le corpus, leur moyenne de fréquence et leur indice de variété.
    Ces données statistiques ont contribué à mettre en lumière la distribution des différents groupements adjectivaux (primaires, dérivés : suffixaux, participes, préfixaux, parasynthétiques et composés) dans une partie de l'œuvre simenonienne. Elles ont permis également de dégager quelques valeurs stylistiques se rapportant au genre qui a fait la renommée de l'écrivain liégeois.

  • Anne MATHONET et Françoise TILKIN, L'étude du récit de paroles dans une production sérielle. Les « Maigret » de Georges Simenon (p. 125)
    La technique narrative du récit de paroles et les modalités de son insertion dans la construction romanesque sont souvent révélatrices du projet scriptural qui anime l'auteur. En ce sens, la place de la composante dialogale, que l'on devine d'emblée essentielle dans les « Maigret » de Simenon, méritait une analyse attentive.
    L'aspect sériel des textes et leur nombre justifiaient l'interprétation statistique du phénomène dialogal en termes d'évolution chiffrée, mais aussi l'ouverture à une perspective d'explication. On a ainsi pu dégager des liens étroits entre le pourcentage de discours direct et certains choix stylistiques ou structurels de l'auteur. Cette approche a permis de donner un éclairage explicatif à l'augmentation singulière de la proportion de dialogues au sein de la série.

  • Michel LEMOINE, Lieux sans nom et noms de lieux inventés (p. 137)
    Il s'agit d'un relevé systématique et complet de tous les lieux sans nom et de tous les noms de lieux inventés contenus dans l'œuvre romanesque de Simenon. Sont ainsi envisagés, selon cette perspective et dans l'ordre chronologique rédactionnel, quatre-vingt-quatorze romans et nouvelles signés de pseudonymes, puis cent trente-neuf romans et nouvelles signés du véritable patronyme, chacun d'eux contenant au moins une des particularités qui nous intéressent ici. Ce relevé, qui prolonge l'étude amorcée dans le nø4 de Traces, s'accompagne de commentaires succincts, de nature génétique ou autre, lorsque ceux-ci s'imposent.

  • Claude MENGUY, Simenon : « sites classés » (p. 179)
    Visites guidées et illustrées dans le sillage de Simenon. À travers commentaires, cartes postales anciennes et photographies, nous tentons de montrer l'aspect de certains hauts lieux simenoniens tels que l'écrivain les a connus ou les a évoqués à travers ses fictions, de Morsang-sur-Seine à Vouvant, en passant par Saint-Thibault, Tracy, Paray-le-Frésil, Nevers, la parisienne rue Caulaincourt, l'île à Pommier, Lyon, Ouzouer-sur-Trézée, Seichebrières, Ingrannes, la Cour-Dieu et Port-en-Bessin.

  • Pierre DELIGNY, Simenon et Maigret de retour à Concarneau ou Les Nouveaux Mystères du Chien jaune (p. 227)
    Comment Simenon a-t-il découvert en 1930 ce port breton qui servira de cadre spatial à deux de ses romans, Le Chien jaune et Les Demoiselles de Concarneau ? L'hôtel de l'Amiral existe-t-il vraiment ? En quelles circonstances Le Chien jaune s'est-il retrouvé dès 1932 au cinéma et, à deux reprises, plus tard, à la télévision ? Au fait, pourquoi jaune, ce chien ? etc. etc. Les lecteurs désireux d'obtenir de plus amples informations sont chaudement invités à se rendre eux-mêmes à Concarneau (Finistère) pour complément d'enquête sur place !

  • Michel CARLY, Sur les routes de l'Arizona avec quatre Simenon en poche (p. 293)
    Ce récit, sous la forme d'un road book illustré de nombreuses photos, parcourt le sud de l'Arizona à la recherche des lieux où a vécu Simenon de 1947 à 1949. Il explore les sites réels que le romancier a inclus dans ses fictions : La Jument-Perdue à Tucson, Bisbee et Tombstone, Maigret chez le coroner à Tucson et Nogales, Le Fond de la bouteille de Nogales à Tumacacori. Y est également restitué le véritable cadre final de Crime impuni. L'article reconstitue enfin la vie de Simenon et de ses proches dans ce paysage siliceux et étouffant, des moments qui allient la sérénité, le doute et d'agressifs déséquilibres.

  • Pierre DELIGNY, Inventaire des billets quotidiens de Georges Sim à la Gazette de Liége de novembre 1919 à décembre 1922 (première partie) (p. 337–420)

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