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Traces 13


  • PROOST :
    C’est le personnage de Maigret qui a fait la popularité de Simenon. Au grand dam de l’écrivain, parfois. Mais les acteurs qui ont incarné le commissaire ont-ils été à la hauteur du héros créé par le romancier ?

  • BECKER :
    Il est notre meilleur scénariste : ses livres sont divisés en chapitres, chacun de la longueur d’une bobine », disait un metteur en scène à propos de Simenon. Si l’on reste à la surface des choses, cela a une apparence de vérité. Ce que ce réalisateur, comme tant d’autres, ne parvient pas à comprendre, c’est que Simenon est obsédé par ce qui ne peut être vu, les replis ombreux du subconscient humain, inaccessibles à la lentille de la caméra. Des romans de la vie intérieure, des romans écrits dans une large mesure en focalisation interne, des romans qui donnent la vision des choses du protagoniste, ont toujours constitué un défi pour les cinéastes. En ce qui concerne Simenon, le défi a été relevé, mais, comme nous le verrons, très rarement avec succès.

  • MERCIER :
    Cette lecture de L’Affaire Saint-Fiacre cherche à mettre en valeur la structure inconsciente du roman, en accordant une place privilégiée au missel, au message incongru qu’il contient et à la fonction remplie par l’enfant de chœur dans le déroulement de l’enquête : un enfant circonvenu par des adultes, qui tirent profit de ses secrets, peut se réconcilier avec lui-même, grâce à la compréhension muette d’une figure paternelle. La crainte d’une dégradation salissante des valeurs est remplacée par le réconfort d’une épreuve intime surmontée, d’une sorte de pacte – par le regard – entre soi et autrui.


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